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L’artisanat traditionnel d’Okinawa sous le soleil des tropiques

Des plages de sable blanc à perte de vue, des eaux émeraude peuplées de poissons multicolores et une nature abondante et luxuriante : bienvenue à Okinawa, le Japon tropical. Okinawa compte une soixantaine d’îles situées entre la mer de Chine orientale et l’océan Pacifique. C’est l’une des plus petites préfectures du Japon. Mais ce qui lui manque en taille est compensé par son histoire florissante, sa culture locale et son artisanat ancestral. Le royaume de Ryūkyū, qui a duré 450 ans à partir de 1429, est le point culminant de l’incroyable mélange culturel d’Okinawa. Notamment, c’est grâce au commerce effectué avec les autres pays asiatiques que ce royaume s’est distingué. Aujourd’hui, arts, culture et tradition prennent vie sur l’île tropicale. Partez à la découverte de l’artisanat traditionnel d’Okinawa sous les tropiques japonais !

Les plages paradisiaques d'Okinawa

Yachimun : une poterie qui exprime la vie quotidienne d’Okinawa et de ses habitants

Avez-vous déjà entendu parler de l’artisanat traditionnel d’Okinawa appelé « Yachimun » ? Yachimun signifie poterie en dialecte d’Okinawa. Les habitants de l’île utilisaient cette poterie de manière à raconter leur histoire et leur culture.

poteries typiques d'Okinawa et de ses traditions

L’histoire de Yachimun, née pendant le royaume de Ryūkyū

La première apparition de la poterie Yachimun remonte au XIVe siècle, lors du royaume de Ryūkyū. Un artisan coréen avait été invité au palais afin d’enseigner, à la population locale, la fabrication de tuiles de toit. Ensuite, ce style traditionnel unique a été façonné et perfectionné en prenant diverses influences de la céramique en Chine, en Corée, au Japon et dans d’autres régions asiatiques.

Les caractéristiques et les variétés infinies de la poterie d’Okinawa 

Cette poterie se distingue par sa forme épaisse et simple et sa décoration inspirée de la nature d’Okinawa, comme les poissons et les plantes. Elle se divise en deux catégories : le joyachi qui donne des couleurs plus vives grâce à son vernissage et l’arayachi montrant plutôt la texture de l’argile locale.

La poterie Yachimun prend différentes formes d’objets du quotidien : makai (petits bols de riz), karakara (bouteille de saké avec bec verseur), ke-uchi (vaisselles) et bien d’autres. L’Awamori, boisson spécifique à Okinawa, est stocké dans un vase, appelé shuki. Vous pourriez même utiliser cette poterie lors de votre prochaine cérémonie du thé.

Shisa, les gardiens d’Okinawa

Comment ne pas passer à côté de l’autre symbole populaire d’Okinawa : le shisa, créature légendaire entre le chien et le lion et gardien de l’île. Il y a longtemps, il aurait protégé un village des flammes d’un incendie. Les habitants y ont vu un symbole et l’ont transformé en poterie (catégorie arayachi). Aujourd’hui, une paire de shisa peut être trouvée sur le toit ou le devant d’une maison : un mâle avec une bouche ouverte à droite et une femelle avec une bouche fermée à gauche. Le mâle chasse les mauvais esprits et invite le bonheur par sa bouche ouverte et la femelle garde ce bonheur.

la paire de lions protecteurs d'Okinawa

Le verre Ryūkyū et l’art des souffleurs de verre

Qu’est-ce que le verre Ryūkyū ?

L’île tropicale d’Okinawa est également connue pour sa tradition dans la fabrication du verre. La fabrication du verre Ryūkyū, comme il est connu, est un symbole du rétablissement d’Okinawa après la Seconde Guerre mondiale. Elle tient son origine dans l’utilisation de bouteilles de verre laissées à l’abandon par les troupes américaines. Cela a un nom : « saisei ». Signifiant « renaître », saisei fait référence à un processus de fusion et de recréation de bouteilles vides sous de jolies formes.

Finalement, l’ingéniosité de cette création a abouti à l’émergence d’un art traditionnel à part entière.

des verres réalisés grâce à l'artisanat traditionnel d'Okinawa

Une présence naturelle dans votre maison

Grâce à son design unique et ses couleurs vives rappelant le paysage magnifique d’Okinawa, la verrerie Ryūkyū apporte une présence naturelle à votre maison. Aujourd’hui, les Japonais l’affectionnent particulièrement en tant que souvenir. Cela varie de la vaisselle (verres à boire, assiettes, …) à la décoration intérieure (carillon à vent, …) en passant par les accessoires. Que ce soit pour un moment en famille ou une discussion entre amis autour d’une bouteille d’Awamori, le verre Ryūkyū convient à toutes les scènes de la vie. Sa présence naturelle est réconfortante.

La laque Ryūkyū : pas très populaire mais unique en son genre

La laque Ryūkyū n’est pas connue de beaucoup de monde, même des Japonais. Pourtant, elle est désignée comme artisanat traditionnel du Japon. Produit dans un environnement subtropical unique, elle se caractérise par son aspect poli à la surface et une vivacité contrastée du noir et du rouge.

La laque d’Okinawa est née du commerce avec la Chine

bol en laque d'Okinawa, ustensile et objet d'art !

La technique de la laque remonte aux XIVe et XVe siècles. Elle a été empruntée aux voisins chinois lorsque le commerce avec la Chine était prospère. La laque était utilisée notamment dans la vie quotidienne de la famille royale ou des descendants de samouraïs. Parmi ses utilisations, on retrouve notamment les ornements en laque pour les services religieux ou les cérémonies.

Okinawa : des conditions climatiques idéales pour la fabrication de sa laque

L’île bénéficie d’un climat tropical idéal à la fabrication de la laque. En effet, elle réunit deux conditions indispensables : une température annuelle de 22°C et une humidité avoisinant les 77%.

Les différentes techniques de décoration

Qu’est-ce qui fait l’unicité de la laque d’Okinawa ? C’est tout simplement la variété de procédés de décoration développés par les artisans. On retrouve, par exemple :

  • Le tsuikin ou superposition de laque qui donne à l’objet un aspect tridimensionnel ;
  • Le chinkin utilisant des feuilles d’or ;
  • Le raden avec des coquilles brillantes découpées.

Aujourd’hui, les artisans perpétuent un savoir-faire vieux de longue date, tout en y introduisant de nouvelles techniques et en l’adaptant au goût du jour.

Bingata, le trésor d’Okinawa

La technique complexe et unique de la teinture bingata

Aux côtés de ses autres artisanats, la teinture bingata jouit d’une très bonne réputation dans tout le pays. Cette technique complexe est apparue entre le XIVe et XVe siècle. Elle consiste à colorer, à l’aide d’un pochoir et de pinceaux, des motifs variés, aux couleurs vives sur des étoffes de coton, de soie ou encore de fibres de bananier. Elle est notamment utilisée pour les kimonos et les ceintures, ainsi que pour des sets de table et des petites pochettes.

Motifs sur tissu, art traditionnel qui fait la fierté d'Okinawa
Photo de br1dotcom sur le site Foter.com / CC BY

Des motifs sublimes aux couleurs d’Okinawa

Contrairement aux motifs saisonniers présents sur les tissus japonais classiques, on retrouve très peu de ces éléments sur le tissu bingata. Des motifs correspondant à l’environnement d’Okinawa sont mis en avant. On peut, par exemple, voir des motifs de vagues ou des dessins représentant la flore très développée de l’archipel. Les couleurs chaleureuses de ce tissu évoquent les paysages colorés et l’ambiance unique d’Okinawa.

Le sanshin, un instrument de musique qui guérit le cœur des habitants d’Okinawa

Chaque foyer d’Okinawa possède au moins un sanshin. Que ce soit pour procurer de la joie et des rires ou pour guérir un cœur blessé, le sanshin accompagne ses habitants depuis des siècles en tant qu’instrument traditionnel de musique.

Le coeur et l’âme de la culture d’Okinawa

Le sanshin est un instrument à trois cordes fabriqué à Okinawa. C’est une évolution du « Sanxian », un instrument chinois qui a fait son chemin sur l’archipel. À l’origine, il était utilisé comme instrument de la cour royale. Cependant, il a progressivement évolué vers la musique de festival et est maintenant joué régulièrement dans les foyers locaux. Pour ses habitants, c’est plus qu’un simple instrument de musique, c’est un outil pour mieux comprendre leur passé, eux-même et le monde qui les entoure.

Plusieurs sanshin alignés dans un musée
Photo de Michael M sur le site Pexels

Les caractéristiques du Sanshin

Le sanshin a une allure de banjo et est généralement recouvert d’une peau de serpent. La qualité de la peau de serpent est un facteur important qui modifie le son de cet instrument. Il est généralement joué de la main droite avec les doigts de la main gauche sur les cordes. Aujourd’hui, il existe de nombreux types de sanshin : avec une peau de serpent artificielle, recouvert de tissus ou en bois. Les moins chers sont appelés « kankara sanshin » et sont très populaires comme souvenirs. Les bars de chansons folkloriques sont des endroits parfaits pour apprécier la chanson et la danse qui accompagnent la performance du sanshin.

Ce ne sont là qu’une poignée d’arts et de traditions qui font d’Okinawa un endroit si unique et fascinant à vivre et à visiter. Chaque artisanat est spécifique à Okinawa et n’aurait pu être créé dans aucune autre préfecture du Japon. Ces artisanats formés à partir d’un mélange du riche climat naturel, de la culture du royaume de Ryūkyū et des compétences des autres pays forment une collection de biens inestimables avec une histoire vibrante. Pourquoi s’arrêter aux artisanats ? L’archipel d’Okinawa est aussi réputée pour son art du spectacle hérité de l’ancien royaume comme le kumiodori (représentation théâtrale composée de danse et de chant) et la danse Ryūkyū (et ses quatre variations). Vous l’aurez compris, Okinawa est un trésor d’expériences qui ne demandent qu’à être découvertes.

 Rédigé par :
 Paul-Henry Glorianne, rédacteur web SEO freelance 
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