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Masahiko Kimura : un maître qui brise les codes de l’art du bonsaï

Vous avez bien évidemment déjà entendu parler des maîtres sushis, ainsi que des différents maîtres en arts martiaux… mais connaissez-vous les maîtres bonsaïs ? Eh oui ! Ces petits arbres ont aussi leur place dans la culture japonaise, et ce, depuis que l’art du bonsaï a été importé de Chine entre le neuvième et le douzième siècles. Parmi les artistes du bonsaï les plus renommés, Masahiko Kimura s’est démarqué pour ses sculptures botaniques atypiques. Vous ne le connaissez pas encore ? Laissez-moi vous présenter l’œuvre de cet artiste japonais…

L'art du bonsai

Lorsque les formes traditionnelles de l’art du bonsaï japonais sont remises en question

Des bonsaïs… Ces petits arbres aux allures tout sauf naturelles fascinent. Je suis certaine que, vous aussi, vous avez un cousin, une amie ou au moins une connaissance férue de cet art venu tout droit du Japon. D’ailleurs, ne vous êtes-vous jamais demandé s’il était si difficile que cela d’entretenir un bonsaï ? Avez-vous, comme moi, tenté l’aventure d’en posséder un ?

Personnellement, sûre de mes capacités en jardinerie, j’ai un jour acheté l’un de ces arbres miniatures aux formes rigolotes, appréciant la note de folie qu’il apportait à mon intérieur… Malheureusement, on ne peut pas dire que cela soit une franche réussite ! En effet, aujourd’hui, les branches partent dans tous les sens, les feuilles jaunissent, puis tombent… Bref, la cata. C’est ainsi que j’ai découvert que sculpter un arbre miniature est un véritable art, appelé art du bonsaï, et que l’on ne s’improvise pas maître bonsaï en une nuit. Par exemple, maître (ou sensei en japonais) Masahiko Kimura a étudié durant onze longues années avant de pouvoir devenir un véritable artisan du bonsaï. Je ne connaissais pas cet homme jusqu’il y a peu. Pourtant, lorsque j’ai découvert ses œuvres, je n’ai pu m’empêcher d’en apprendre un peu plus sur celui qui a révolutionné cet art ancestral…

Né en 1940 dans la ville de Saitama, dans le quartier de Omiya, sensei Kimura est entouré dès sa naissance de pépinières de bonsaïs (à croire que sa vie était déjà toute tracée…). Ayant des idées avant-gardistes, il n’a pas laissé la tradition des jardins zen et autres ikebana s’imposer à lui : transgressant les préceptes suivis depuis des siècles au Japon, il s’est créé son propre art du bonsaï, utilisant des méthodes modernes. En voici quelques exemples :

  • le non-respect des tailles et formes conventionnelles ;
  • l’utilisation d’une scie électrique, en plus des traditionnels ciseaux et pinces ;
  • l’association de bois vivant avec des morceaux de bois mort sculptés.

En utilisant une telle approche, des végétaux plus qu’originaux sont obtenus : ressemblant à de véritables sculptures en bois, ils défient même parfois la gravité…

Une reconnaissance tardive mais internationale dans le monde du bonsaï

Alors, génie… ou usurpateur ? Ses débuts dans l’art du bonsaï n’ont dans tous les cas pas été de tout repos. En effet, au Japon, lorsque l’on est un original qui bouscule les règles en place, il y a de quoi se mettre à dos un certain nombre de personnes !
Néanmoins, c’est grâce à ces méthodes contemporaines que Masahiko Kimura a créé des chefs-d’œuvre élaborés, reconnus pour leur beauté. Ils démontrent notamment l’audace de l’artiste, prêt à aller plus loin que ses pairs pour moderniser cet art japonais vieux de plusieurs siècles… C’est pourquoi il est aujourd’hui considéré comme l’un des maîtres bonsaïs les plus respectés au monde.

C’est pourquoi son jardin, situé à Omiya, attire sans cesse de nouveaux visiteurs. Dans ce petit éden, une centaine de petits arbres peuvent y être admirés. Les connaisseurs y apprécieront notamment les genévriers shimpaku, ainsi que les pins, les deux essences favorites de maître Kimura. Sa célèbre mini forêt de Hanoki n’y est malheureusement plus observable, car cette pièce, qui a fait sa renommée, a été vendue en 2018 pour 15 800 dollars. Si l’on reste loin du million de dollars offert pour le bonsaï le plus cher au monde, cela reste tout de même impressionnant, qu’en dites-vous ? L’art du bonsaï de sensei Kimura n’est en tout cas pas près de disparaître. En effet, son style et son savoir-faire s’exportent dans le monde entier, grâce au réseau d’apprentis, aujourd’hui devenus maîtres, qu’il a formé. Une reconnaissance internationale, donc, qui ne s’éteindra pas de sitôt…

Vous savez désormais tout (ou presque) de ce maître japonais du bonsaï. Bien évidemment, il n’est pas le seul à se distinguer dans ce savoir-faire venu de l’orient, et de nombreux styles existent dans l’art traditionnel : hokidachi, chokkan, moyogi ou encore shakkan, il y en a pour tous les goûts ! Et vous, découvrez-vous ce monde des arbres miniatures et mini forêts, ou en êtes-vous un spécialiste ? Préférez-vous le style de Masahiko Kimura, ou bien un autre ? N’hésitez pas à partager votre ressenti en commentaire et à nous faire découvrir d’autres maîtres !

 Article rédigé par :
Amandine Belledent
Lien Linkedin : https://www.linkedin.com/in/amandinebelledent/
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1 thought on “Masahiko Kimura : un maître qui brise les codes de l’art du bonsaï

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