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La cérémonie du thé au Japon : un véritable art de vivre



Après l’eau, le thé est la boisson la plus consommée au monde. Dégusté aux quatre coins de la planète, ce dernier représente pour de nombreuses personnes un moment de relaxation pour le corps et l’esprit. Originaire de Chine, le thé en poudre Matcha fut importé au Japon au XIIe siècle. Dès lors, il est devenu au pays du soleil levant, un véritable art de vivre et un symbole fort de la culture nippone. La cérémonie du thé au Japon est une tradition solidement ancrée qui repose sur des codes bien précis. Zoom sur cet art japonais noble et ancestral.

Dégustation du thé lors d'une cérémonie du thé japonaise

La cérémonie du thé au Japon : une tradition séculaire

Les origines du thé et de la cérémonie japonaise

C’est en Chine que le thé en poudre Matcha a vu le jour. Alors en excursion dans ce pays, des moines bouddhistes japonais ont découvert ce breuvage et furent immédiatement séduits par son goût et ses bienfaits. C’est donc tout naturellement, que le moine Eisai décida de rapporter au Japon au XIIe siècle, des plants de théiers afin de faire la promotion de cet élixir. C’est à partir de ce moment-là que le thé s’inscrit dans la philosophie zen.
De leur côté, avec leur mentalité guerrière, les samouraïs s’identifient parfaitement à ce qu’on appelle “la voie du thé”. En effet, cette dernière illustre à merveille les notions de calme et de discipline.
C’est au cours du XVe siècle que la cérémonie du thé nommée cha no yu voit le jour.
Cette dernière est par la suite codifiée durant le XVIe siècle par le très renommé maître des thés Sen no Rikyū. Cette cérémonie a pour but d’incarner quatre piliers fondamentaux :
l’harmonie, le respect, la pureté et la tranquillité. La cérémonie du thé étant considérée comme un art à part entière, il est donc exigé que le maître de cérémonie maîtrise également les autres arts japonais tels que la calligraphie, le kimono, l’arrangement floral, la céramique et les encens. Au Japon, on considère que la pratique et la maîtrise d’un art ne sont jamais réellement achevées. C’est pourquoi le pratiquant sera toujours considéré comme étant le disciple de son professeur (sensei).
Depuis sa création, la cérémonie du thé est exclusivement pratiquée par les hommes.
Les samouraïs voient en cet instant, une occasion parfaite pour lier des alliances et comploter tranquillement. Entre 1868 et 1912, l’ère Meiji annonçant la fin de l’époque des samouraïs, les femmes reprennent en main cette tradition et ne cesseront de la faire vivre.
Depuis ce moment, ce sont en grande majorité les femmes qui pratiquent la cérémonie du thé au Japon.

Le thé Matcha : l’élixir vert émeraude

Le thé préparé et consommé lors de la cérémonie du thé japonaise est le thé Matcha.
Ce dernier est obtenu à partir des feuilles de Tencha, un grand thé vert japonais. Reconnu mondialement pour son goût très raffiné et inimitable, il est considéré comme l’or des thés.
Sa douceur incomparable fait qu’il est caractérisé au Japon d’umami, à savoir “goût délicieux”. Il délivre en bouche des notes riches et végétales. Le thé Matcha fait partie des thés dits “ombragés”. En effet, ses feuilles sont recouvertes de nattes de bambou afin de filtrer les rayons du soleil, dans le but d’obtenir une haute dose de théanine, un acide aminé réputé pour ses vertus relaxantes et calmantes.
Matcha signifie en japonais “poudre de thé”. En effet, à l’origine, le Matcha
préparé en Chine n’était pas semblable aux autres thés, à savoir des feuilles infusées dans de l’eau. Le Matcha, lui, était consommé sous forme de fine poudre, couleur émeraude.
C’est ainsi que le Japon le prépare depuis, également.
Lors d’une cérémonie du thé au Japon, il est d’usage de consommer deux types de thé.
Tout d’abord, il convient de commencer par déguster le Matcha Koicha, à savoir un thé à la consistance épaisse et pâteuse, qui est qualifié de “thé fort”. Vient ensuite le tour du Matcha Usucha, dit “thé léger”, qui est issu de théiers plus jeunes et qui possède une consistance et un goût bien plus légers en bouche.

Poudre de thé Matcha et son fouet en bambou

La cérémonie du thé au Japon : une tradition très codifiée

Chaque objet compte

Dans la tradition, lors de la cérémonie du thé, chaque invité vient avec trois objets. Vient tout d’abord le sensu, petit éventail, posé à même le sol entre les convives afin de délimiter l’espace de chacun. Vient ensuite le kaishi, papier japonais traditionnel épais servant d’assiette ; et le youji, petit ustensile utilisé en guise de couverts, pour la dégustation de la pâtisserie.
Le maître de cérémonie, quant à lui, s’entoure des objets suivants. Le chakin, qui est un tissu en lin ou en chanvre, utilisé pour nettoyer et purifier le bol servant à la dégustation. Le fukusa, carré de soie nécessaire au nettoyage de la boite à thé ainsi qu’à la manipulation du couvercle chaud de la bouilloire. La hishaku, longue louche fabriquée en bambou, qui sert à recueillir l’eau chaude se trouvant dans la bouilloire. Le chawan, qui est un bol dont le modèle est choisi en fonction des invités et des saisons. Viennent ensuite la natsume qui est une boite à thé en bois laqué et la chaire, qui est fabriquée, elle, en céramique. La chashaku, cuillère en bambou qui est utile au transfert du thé de la boite jusqu’au bol. Enfin, le chasen, fouet en bambou qui permet de bien mélanger le Matcha à l’eau.

Objets utilisés lors de la cérémonie du thé japonaise

Le lieu de la cérémonie

La cérémonie du thé se déroule dans une maison de thé japonaise, laquelle est recouverte d’un toit de chaume, comme le veut la tradition. Les invités arrivent dans la maison par le biais d’une passerelle traversant le jardin et les nombreuses fleurs le constituant. Par cette action, les invités entrent en méditation et en communion avec la nature. Ils commencent ainsi à se préparer doucement à la cérémonie imminente. Les convives doivent entrer dans la maison de thé par une porte carré appelée nijiriguchi, mesurant 66 centimètres de haut et 63 de large. Ces dimensions sont ainsi calculées afin de rendre tous les invités égaux au regard de la cérémonie. À l’origine, cette petite entrée a été pensée ainsi, afin d’obliger les samouraïs à se délester de leur sabre, le katana.

Entrée d'une maison du thé japonaise



La pièce dans laquelle se déroule la cérémonie a une superficie d’environ 7,5 m², soit quatre tatamis et demi. La décoration se doit d’être bien équilibrée au niveau des matériaux et des couleurs employés. De plus, cette dernière doit être repensée pour chaque nouvelle réception. Un kakemono, rouleau calligraphié, est accroché au mur, logé dans une alcôve. Une décoration florale, appelée chabana, orne également la pièce.

Déroulement de la cérémonie

Généralement, une cérémonie du thé au Japon dure entre une et quatre heures, la longueur variant selon le nombre de convives, les mets préparés ainsi que les types de thés dégustés.
Lors de la version longue de la cérémonie, les invités se délectent d’un repas léger nommé cha-kaiseki, accompagné de saké. Une pâtisserie japonaise (wagashi) vient clôturer le festin. Lors des cérémonies plus courtes, seule la pâtisserie est mangée.

La cérémonie du thé se déroule en plusieurs étapes :


La purification
Pour commencer, le maître du thé, paré de vêtements traditionnels, salue ses invités et met l’ensemble des ustensiles qui lui seront nécessaires à leur place respective. À l’aide du carré de soie fukusa, le maître nettoie la boîte de thé natsume et la cuillère chashaku. Ensuite, il verse de l’eau chaude dans le bol chawan afin de le libérer d’éventuelles impuretés. Il mélange cette eau avec le fouet en bambou, afin de s’assurer du bon état de ce dernier. Une fois cela fait, le maître se débarrasse de l’eau et sèche le bol à l’aide du tissu chakin.


La préparation
Le maître prélève deux grammes de Matcha, qu’il dépose dans le bol servant à la dégustation et y ajoute de l’eau chaude. Il commence ensuite à fouetter le tout avec des mouvements bien précis. Tout d’abord, il effectue une légère rotation afin d’unifier le mélange. Ensuite, il enchaîne sur un mouvement ferme et rapide allant de haut en bas. Il en résulte un breuvage onctueux, légèrement moussant. Le maître finit par déposer à côté du bol, le fouet chasen. Sur ce dernier, doit y rester de la mousse de thé, prouvant que la boisson a bien été préparée dans les règles de l’art.

Maitre de cérémonie préparant le thé


La dégustation
La dégustation commence par le Matcha Koicha, dit “thé fort”. Le maître de cérémonie pose le bol près du foyer et l’invité d’honneur s’approche à genoux. La face avant du bol est tournée vers lui. Cette dernière met en valeur un dessin ou une jolie imperfection de la vaisselle.
Avant de goûter le thé, l’invité doit impérativement saluer la personne qui poursuivra la dégustation après lui. Il lève son bol et le présente à l’hôte, signe de respect pour ce dernier. Avant d’entamer la première gorgée, l’invité doit tourner le bol deux fois dans le sens des aiguilles d’une montre, afin de positionner la face avant à l’opposé de sa bouche. Ne pas faire cela serait une erreur impardonnable.
Ce dernier boit trois gorgées et, après la première, complimente le thé. Il nettoie l’endroit du bol touché par ses lèvres avec son papier kaishi et le tend au second convive, qui le fera passer également. Le dernier invité redonne le bol à l’invité d’honneur qui se charge de le remettre à l’hôte de la cérémonie.
La dégustation se poursuit avec le Matcha Usucha, dit “thé léger”. Afin de préparer le palais à l’amertume du Matcha, une pâtisserie est servie juste avant la boisson.
Une fois ce deuxième thé préparé, le maître de cérémonie offre le bol à l’invité d’honneur.
Ce thé se boit en deux gorgées et demies, en faisant du bruit lors de la dernière, afin de bien faire comprendre au maître que la dégustation est achevée. Pour finir, l’invité repose doucement le bol, la face avant tournée vers lui.


Le remerciement
Le maître de cérémonie remercie le premier servi et reprend le bol afin de commencer la préparation pour le second convive. Une fois que tous les invités ont effectué leur dégustation, l’hôte nettoie méticuleusement l’intégralité des ustensiles et les présente un à un, pour que chaque personne puisse contempler leur beauté.


De nombreux domaines tels que l’art floral japonais, les aménagements paysagers, la porcelaine ou encore l’architecture ont puisé leurs influences dans les différentes étapes de la cérémonie du thé. De manière plus générale, on peut affirmer que le savoir-vivre japonais repose sur les fondements de cette cérémonie.


Rédigé par :
Marine Teste - Rédactrice Web SEO
marine-teste@outlook.fr
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Author: JapArt

Steen est autrice, rédactrice web SEO et amoureuse des arts. Vivant à Tokyo elle espère faire découvrir aux français les multiples facettes et secrets de l'art nippon.

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